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Conférence inversée dédiée aux mères isolées et journée internationale des droits des femmes

 

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes vendredi 8 mars 2019, plusieurs actions ouvertes au public seront organisées en Haute-Loire :

- Collecte départementale dans les grandes surfaces, galeries marchandes et pharmacies de produits d’hygiène pour les femmes en situation de précarité, organisée par le Centre d’Informations sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF) et le planning familial vendredi 8 mars toute la journée sur le périmètre de la communauté d’agglomération.

- Ciné-débat avec le film "Female Pleasure" qui aborde l’inégalité des sexes et le contrôle par les hommes de la sexualité des femmes, organisé par le CIDFF et le planning familial vendredi 8 mars à 21h00 au Ciné-Dyke au Puy-en-Velay (tarif : prix classique d’une entrée au cinéma).

- Intervention du CIDFF, musique autour des femmes avec "Flûtilités", "soupe de nanas" et exposition de peinture par Dany Cless "femme bafouée, cris du silence", organisées par la commune du Monastier-sur-Gazeille avec le soutien du Centre Communal d’Action Sociale vendredi 8 mars à 18h30 à la mairie du Monastier-sur-Gazeille (8€ l’entrée).

Conférence inversée : les citoyens parlent aux "forces vives et décicdeurs"

Par ailleurs, en lien avec ces actions, Marlène SCHIAPPA, Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, a organisé la première conférence inversée dédiée aux mères isolées, à la veille de la journée internationale des droits des femmes.

Le préfet de la Haute-Loire a ainsi organisé cette action en préfecture, où 5 mères isolées ont pu témoigner de leur quotidien devant des forces vives et décideurs locaux très réceptifs. En toute confiance, elles ont pu exprimer les difficultés et les obstacles rencontrés sur leur chemin, leur épuisement mais aussi leurs espoirs et leurs victoires pour elles et leurs enfants.

Elles ont été très touchées par cette invitation et par l’accueil qui leur a été réservé et ont pu verbaliser leur fierté d’avoir pu témoigner.

Tous les médias locaux étaient présents et ont été intéressés par cette conférence.

Les mères isolées ont fait part de leurs difficultés au quotidien devant différents décideurs et forces vives (Préfet, Département, Banque de France, CAF, associations…) en abordant les problèmes de la scolarisation et la scolarité de leurs enfants, celui du suivi scolaire lorsqu’il y a une co-parentalité dans un contexte de violences conjugales, la lourdeur des démarches administratives, les problèmes d’accès aux droits, les problèmes financiers, les problèmes de mobilité, l’articulation du temps de vie privée et du temps de vie professionnelle, l’absence de temps pour soi, l’isolement, les violences conjugales mais aussi l’impression de très mal commencer leur vie « solo » en raison de la méconnaissance du Droit et des démarches administratives , la fragilité psychologique, le doute lors des décisions, l’extrême fatigue (jusqu’à 4 ou 5 enfants), le travail à temps partiel subi ou choisi pour donner la priorité à la famille.

Elles ont exprimé la nécessité d’être soutenues par des professionnel.le.s pour ne pas se sentir seules et débordées voire impuissantes face aux difficultés du quotidien.
Devant elles, se dressent des montagnes, mais elles sont prêtes à y faire face pour le bien-être de leurs enfants et leurs parcours témoignent d’un grand courage.
Ce qui a été utile pour elles : un référent unique auquel elles faisaient confiance pour l’accompagnement de leurs premières années suite à une séparation.

Cette conférence inversée a fait émerger des propositions qui pourraient permettre au gouvernement de prendre des dispositions autour du suivi et de l’accompagnement des mères isolées et des familles monoparentales à savoir :

Gestion et préparation de la séparation et gestion de l’après-séparation

- Mettre en place des procédures administratives évitant les périodes de suspension des aides au logement en cas de changement de domicile (dans un contexte de violences conjugales par exemple)
- Améliorer la promotion de la médiation familiale afin d’investir ou de réinvestir l’autre parent dans son rôle parental
- Améliorer les dispositifs de protection des personnes victimes de violences conjugales : ordonnance de protection, éviction du conjoint violent
- Développer un lieu permettant des visites accompagnées et non seulement médiatisées
 - Ordonner des mesures d’accompagnement à la parentalité pour les pères même si ces derniers n’ont pas à charge les enfants
- Proposer un accompagnement physique par un.e professionnel.le (autre que l ‘avocat) qui a noué une relation de confiance avec la personne lors des audiences civiles et pénales (Juge aux affaires familiales, juge des enfants…) car bien souvent il n’est pas possible d’activer des soutiens dans ses propres réseaux ( famille…)
- Développer les mesures d’accompagnement protégé (MAP) ,dispositif innovant et mis en place en Seine-Saint-Denis qui permet la passation sécurisé de l’enfant entre ses deux parents

Accès aux droits

- Promouvoir la prime d’activité
- Rendre lisible l’ensemble des prestations sociales de la CAF car peu ou mal connues (aides départ en vacances…)

Vie professionnelle - Insertion professionnelle

- Développer des services et des aides à la mobilité notamment dans les milieux ruraux : problème du coût financier pour l’obtention du permis de conduire
- Faciliter la mise en place de parcours d’insertion professionnelle notamment en levant des freins périphériques (garde des enfants, mobilité…)

Garde et activités - loisirs des enfants

- Développer des services de garde d’enfants pour les horaires atypiques ou dans le cadre de l’insertion professionnelle et en faciliter l’accès : crèches, réseau de solidarités…
- Mettre en place des aides financières pour la garde des enfants au-delà de 6 ans notamment dans les cas d’horaires décalés ou pendant les périodes de vacances scolaires