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Manifestation de sensibilisation à la mobilité douce "dans l’agglo, le vélo plus efficace que les (...)

 

M. Yves Rousset, préfet de la Haute-Loire s’est rendu aujourd’hui à la manifestation organisée par le Direction Départementale de l’Équipement DDT sur la sensibilisation à la mobilité douce en lien avec la semaine européenne du développement durable sur le thème "Villes et Territoires de demain".

 

Face à l’accroissement de la population dans les villes d’ici 2050, près de 6 milliards de citadins, il est impératif de réaménager le paysage urbain pour le rendre plus agréable à vivre.

La ville du futur devra relever de nombreux défis : développer la biodiversité, la mobilité urbaine tout en limitant la pollution, apporter des solutions face au changement climatique et à la transition écologique de la société, optimiser la gestion de l’eau et de l’énergie, améliorer la qualité de vie des citoyens, contribuer à une société plus solidaire, concevoir, construire et rénover des bâtiments, des quartiers…

Les villes et territoires de demain seront ambitieux, innovants, intelligents et créatifs et offriront des espaces de vie plus agréables.

Un des axes qui peut être privilégié est la mobilité urbaine. En France, le transport terrestre est responsable d’environ un tiers des émissions de gaz à effet de serre et provoque la majorité des émissions de polluants en ville (dioxyde d’azote, particules fines…). En réduisant le nombre de véhicule en ville, on contribue à diminuer les gaz à effet de serre ainsi qu’à améliorer le cadre de vie, certes d’un point de vue santé mais aussi, en permettant au citoyen de se réapproprier les espaces urbains.

La majorité des déplacements se font en voiture et notamment pour les trajets domicile/travail. Pour le Puy-en-Velay, plus de 80 % des personnes viennent travailler au centre en voiture alors même que plus de la moitié des trajets sont inférieurs à 6 km (recensement INSEE 2014). Or dans un périmètre de 6 km autour du centre, des alternatives à la voiture sont possibles que ce soit par le réseau de transport « TUDIP » ou bien encore par le vélo.

Les institutions locales ne se sont pas trompées et ont déjà entamé le virage vers une nouvelle mobilité. Que ce soit la mise en place du pôle d’échange intermodale, la généralisation des parkings de covoiturage, les extensions des voies vertes, l’alternative à la voiture est déjà en route. Ce changement se veut respectueux de l’environnement et permet d’offrir un espace de vie plus agréable aux habitants de l’agglomération. Il est important de sensibiliser la population à ces modes doux afin de changer plus durablement les comportements de mobilité.

Cette manifestation vise dans un premier temps les agents des services de l’État dans le département afin de les inciter à utiliser les modes doux à la place de la voiture pour leurs déplacements liés au travail.

3 ateliers vont ainsi être mis en place dans l’objectif de lever les freins psychologiques à l’usage du vélo.

1er atelier est la remise en selle. Généralement, nombre de personnes ne pratiquent plus le vélo et ne s’imaginent pas pouvoir en refaire. Il convient de redonner confiance à son usage et de montrer que le vélo est à la portée de tous et constitue un moyen de transport à part entière. Il est animé par l’association FIT 43 (Formation Insertion Travail).

Cette association consacre une partie de son activité à l’insertion par la mobilité. Entre autre, elle a mis en place une vélo-école et a initié un groupe de travail avec Job Agglo, Courte Echelle, Cafoc, le Conseil Départemental en vue de valoriser les compétences mobilité dans le cadre professionnel. En marge de cet atelier, une information sur la remise en état du vélo sera donnée.

2ème atelier « Le dénivelé… trop facile » . Concerne le frein à la pratique lié au relief. Au vu du
dénivelé certains trouvent que la pratique du vélo ne s’y prête pas localement et pourtant l’assistance électrique permet de supprimer les contraintes du relief.

Enfin, les personnes pensent trop souvent qu’ils perdent du temps lors de déplacements à vélo et qu’il vaut mieux privilégier la voiture pour aller plus vite. Or, dans un rayon de 6 km, le vélo est généralement plus efficace que les autos en ville.

3ème atelier « Distance… aussi efficace que les autos »). En effet, sur ces distances, on néglige trop souvent le temps qu’il faut pour récupérer la voiture ainsi que le temps pour trouver ou se garer, sans oublier le temps de marche éventuel restant à son point d’arrivée. De ce fait, le vélo est souvent plus rapide pour de courtes distances en ville.

La Poste, qui constitue la première flotte d’entreprise de vélo électrique en France, participera aussi à l’évènement en apportant un témoignage sur l’usage du vélo dans l’agglomération par le retour d’expériences des facteurs.

En plus des freins psychologiques abordés par cet événement, d’autres obstacles restent à lever.
La venue de Mme Banoun, coordonnatrice interministérielle pour le développement de l’usage du vélo, le 16 mai dernier, a été l’occasion de montrer que la circulation en ville n’était pas nécessairement adaptée au vélo. Elle a rappelé que plusieurs types d’aménagements sont possibles selon le contexte : pistes cyclables, bandes cyclables ou bien encore espaces partagés (notamment pour l’hyper-centre). Le CEREMA (le centre d’étude et de recherche du ministère de l’écologie) a publié en 2016 un guide ("Voirie urbaine - Guide d’aménagement" ) avec un volet complet sur les aménagements cyclables.

La faiblesse de l’offre de stationnement vélo est aussi un frein au déploiement du vélo. La mise en place de stationnement est amené à se développer. La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte introduit entre autre des obligations de réalisation de stationnements pour les vélos lors de la construction ou la réalisation de travaux sur les parkings des bâtiments à usage industriel ou tertiaire ainsi que ceux accueillant un service public, abritant un centre commercial ou un complexe cinématographique.

Un des objectifs du plan d’action pour la mobilité et l’usage du vélo (2017) du Ministère de la transition écologique et solidaire est d’atteindre une part modale de 12,5 % pour le vélo en 2030 (actuellement inférieur à 2 % sur l’agglo). Il est de ce fait primordial de lever ces freins pour contribuer aux objectifs fixés par ce plan.