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Quinzaine régionale de l’intégration

 

Une matinée d’échanges et d’information s’est tenue à Yssingeaux mercredi 16 octobre 2019, dans le cadre de la quinzaine régionale de l’intégration. A travers cette manifestation, il s’agissait de mieux faire connaître les partenaires et les actions de l’accompagnement des personnes bénéficiaires de la protection internationale, dans leur parcours d’intégration.
Cette action a été organisée par Madame Christine Hacques, sous-préfète d’Yssingeaux, en collaboration avec l’association Entraide Pierre Valdo.
Au programme de cette matinée :
- accueil et présentation de l’activité de l’association
- présentation des partenariats locaux construits au niveau local, sous forme de tables rondes
- visite des nouveaux locaux professionnels de l’association et échanges avec les bénévoles et les salariés
- visite privée d’un appartement occupé par un réfugié qui a témoigné de son parcours à la préparation de sortie vers le droit commun.

 

Les différents publics et structures d’accueil

Arrivés sur le territoire français, les migrants doivent déposer une demande d’asile ; tout au long de la procédure administrative, ils sont considérés comme des demandeurs d’asile. Ces personnes, en attente de décisions administratives, sont accueillies en centre d’accueil des demandeurs d’asile (CADA)*.

Pour assurer des conditions d’accueil acceptables, le gouvernement précédent avait décidé la création de centre d’accueil et d’orientation (CAO), ce qui a permis de régler les situations de Calais notamment. Ce dispositif provisoire avait vocation à ne pas durer. Ayant rempli ces missions, le CAO de Saint-Beauzire a fermé ses portes au 1er septembre 2019.

Lorsque les décisions de l’OFPRA (office français de protection des réfugiés et apatrides) et de la CNDA (cour nationale des demandeurs d’asile) interviennent, soit les personnes ont l’obligation de retourner dans leur pays d’origine, soit elles obtiennent le statut de bénéficiaires de la protection internationale (réfugiés et protection subsidiaire limitée à 4 ans). Dans ce dernier cas, les personnes ont accès aux dispositifs de droit commun (allocations familiales, RSA, pôle emploi etc). Pour les plus vulnérables d’entre eux (moins de 25 ans, handicapés etc), ils peuvent être accueillis en centre provisoire d’hébergement (CPH)*.

Parallèlement, certaines personnes arrivent sur le territoire français en ayant déjà le statut de réfugiés ; ce sont les « réinstallés »*. A la demande du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), la réinstallation consiste à accueillir des personnes fuyant leur pays d’origine pour obtenir une protection et des perspectives de vie meilleures en France.

* dispositifs gérés à ce jour par l’association Entraide Pierre Valdo

L’enjeu

Le Gouvernement a engagé une refonte de la politique d’intégration pour tous les étrangers bénéficiaires d’une protection internationale. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de mobiliser les différents acteurs de l’intégration autour de la politique d’accueil et d’accompagnement de ce public.
L’intégration des réfugiés représente un atout pour la société d’accueil en ce sens qu’elle permet de bénéficier de nouvelles compétences et d’opportunités en vue de redynamiser certains territoires.

Portrait de la Haute-Loire

L’évolution des structures sur le département

La fin de l’année 2019 a été marquée par :

- la transformation du centre d’accueil et d’orientation (CAO) de Saint-Beauzire (100 places), géré par l’association Léo Lagrange en :
• 50 places de CADA
• 60 places dédiées à la réinstallation de bénéficiaires de la protection internationale

- la création d’un CPH de 60 places à compter du 1er octobre 2019 sur le secteur de l’Yssingelais.

Ainsi, la capacité d’accueil de migrants sur le département est passée de 302 places à fin 2018 à 425 places au 1er octobre 2019 :
• 3 CADA de 232 places (gérés par Léo Lagrange, Hospitalité en Langeadois et Entraide Pierre Valdo)
• 1 CPH de 60 places (géré par Entraide Pierre Valdo)
• 3 dispositifs de réinstallation de 133 places (gérés par Léo Lagrange et Entraide Pierre Valdo)

Profils des personnes accueillies

Les réfugiés :
Pour la Haute-Loire, le statut a été accordé à 54 personnes en 2016, 72 personnes en 2017 et 71 personnes en 2018.
Pays d’origine dominants en situation de conflits ou de guerre : Afghanistan, Syrie, Soudan
36% ont moins de 27 ans, 50% ont entre 28 et 47 ans
45% de femmes

Portrait de l’association Entraide Pierre Valdo

L’Entraide Pierre Valdo est une association Loi 1901 d’origine protestante dont l’objet est l’accueil, l’intégration et l’insertion socio-professionnelle de personnes vulnérables et/ou en demande de protection et ce, sans distinction de nationalité d’origine, de genre, de convictions religieuses ou politiques.

Créée en 1974 à Lyon, l’action de l’association se réalise dans le cadre d’une mission d’intérêt général, dans le plein respect des exigences législatives et réglementaires applicables.

L’Entraide Pierre Valdo travaille en relation de confiance avec les pouvoirs publics et l’ensemble des acteurs institutionnels : collectivités territoriales, élus, associations, monde professionnel et de l’entreprise, etc.

Ses principales missions sont :
- L’intégration des réfugiés statutaires et l’accompagnement des personnes en cours de procédure de demande d’asile ;
- L’inclusion sociale et professionnelle de personnes en situation de grande difficulté (hébergement et lutte contre les exclusions) ;
- L’enfance et la jeunesse : accueil de loisirs sans hébergement d’enfants de 3 à 15 ans issus de milieux sociaux différents & actions spécialisées à destination des mineurs étrangers non accompagnés (MNA).

Forte de son expérience dans le champ de la prise en charge des publics migrants, demandeurs d’asile et réfugiés, identifiée par les parties prenantes comme structure-ressource, l’association assure la gestion de nombreux établissements et dispositifs.

À ce jour, l’Entraide Pierre Valdo emploie près de 250 salariés. Elle intervient dans 6 départements des régions Auvergne Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte-d’Azur : l’Ardèche, la Loire, le Rhône, la Haute-Loire, l’Isère et le Vaucluse. L’association ouvrira par ailleurs prochainement un dispositif pour demandeurs d’asile dans les Bouches-du-Rhône.

Dans tous ses territoires d’intervention l’association héberge et accompagne quotidiennement plus de 2200 personnes.

L’Entraide Pierre Valdo a par ailleurs déjà pris en charge plus de 900 réfugiés réinstallés Syriens accueillis dans le cadre d’un programme national du Ministère de l’Intérieur en lien avec le haut-commissariat pour les Réfugiés des Nations Unies et le financement de l’Union Européenne.

Une évolution constante des activités de l’association en Haute-Loire

Depuis 2000, l’association Entraide Pierre Valdo gère un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) de 52 places au Chambon sur Lignon. Cet établissement s’est étendu en 2015 avec l’ouverture de 40 nouvelles places sur la commune d’Yssingeaux. La capacité totale d’accueil est dès lors de 92 places.

Depuis 2011, l’association accueille des personnes bénéficiaires de la protection internationale dans le cadre du programme permanent de réinstallation.

Depuis octobre 2018, l’association assure l’accueil et l’accompagnement en logement de réfugiés Syriens dans le cadre du programme de réinstallation du ministère de l’intérieur. Sur le territoire altiligérien, l’accueil organisé par l’Entraide Pierre Valdo se réalise sur les arrondissements du Puy et d’Yssingeaux.

Au 1er octobre 2019, et suite à un appel à projet, Entraide Pierre Valdo a été sélectionné pour ouvrir un centre provisoire d’hébergement (CPH) à compter du 1er octobre 2019 avec 25 places à Retournac et 35 places à Yssingeaux. Le public concerné est celui des réfugiés particulièrement vulnérables.

Les dispositifs gérés à ce jour par Entraide Pierre Valdo

• 1 centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) de 92 places
• 1 centre provisoire d’hébergement (CPH) de 60 places
• 2 dispositifs de réinstallation d’une capacité de 73 places

Soit 225 places gérées par l’association dont 133 dédiées à l’accueil et à l’accompagnement de personnes réfugiées.

L’intégration des réfugiés

Contexte

L’intégration des personnes bénéficiaires de la protection internationale est parfois difficile pour des publics déjà fragilisés par leurs parcours de vie (difficultés liées à l’apprentissage de la langue française, modes de vie culturels particuliers etc).

La préparation du parcours d’intégration débute dès l’entrée en structure d’hébergement et couvre plusieurs champs :
• l’apprentissage de la langue française,
• l’accès à la scolarisation,
• l’accès au logement,
• l’accès à la santé,
• l’accès aux droits,
• l’accès à la formation professionnelle et à l’emploi,
• l’accès à la culture.

Afin d’appréhender chacun de ces axes, un travail partenarial est mis en place avec l’ensemble des acteurs locaux et traite des situations individuelles. Cette phase est essentielle et contribue à l’intégration positive de ces publics.

Le préfet a désigné le directeur départemental adjoint de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) référent de l’intégration.

Les instances locales

Afin d’assurer l’intégration positive de ces publics, un comité de suivi intégration* a été mis en place. Présidé par le préfet, il se réunit à fréquence annuelle, son objectif étant de suivre la mise en place de la politique intégration au niveau local. Selon l’ordre du jour, cette instance plénière peut être élargie à d’autres partenaires.

Une cellule opérationnelle dédiée à l’intégration des personnes statutaires se réunit à fréquence mensuelle. Il s’agit d’une instance technique de travail qui rassemble les professionnels de terrain des partenaires membres du comité de suivi.
Cette cellule permet d’anticiper les sorties des personnes de leurs structures d’hébergement, de coordonner l’action de chaque partenaire dans son champ de compétences, de soulever les freins pointés (handicap, scolarité etc), de mobiliser les acteurs sur des situations particulières. C’est également un lieu d’échanges d’informations sur l’actualité liée à l’intégration et de pratiques entre professionnels en charge de l’accompagnement du public.

Cette cellule opérationnelle permet également de repérer des situations vulnérables et d’accorder un accompagnement social renforcé que l’Etat confie aux associations. Ces cas font l’objet d’un suivi régulier et attentif de la part de l’ensemble des partenaires.
A ce jour, 6 familles représentant 36 personnes font l’objet de ce type de suivi.

L’association Entraide Pierre Valdo est un partenaire mobilisé pour participer aux instances locales.