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L’ensemble des services de l’État est pleinement mobilisé pour maintenir une vigilance sur la ressource en eau.

 

L’année 2022 a été marquée par un déficit hydrique historique aggravé par les phénomènes de canicule face auxquels l’État a apporté une réponse graduelle, proportionnée et efficace.

C’est ainsi que le préfet a très tôt adopté les premières mesures de vigilance dès le 22 mai 2022 et réuni le comité départemental de l’eau (CDE) le 20 juin 2022. Le Préfet a ensuite réuni le CDE à échéances régulières en s’adaptant à l’évolution de la situation et des mesures de restrictions ont été prises progressivement. Plus de 560 contrôles ont été réalisés en 2022 pour vérifier le respect de ces restrictions.

 

Le bilan dressé de la gestion de la crise de sécheresse 2022 est positif. Le passage des mesures de restriction en crise a ainsi été évité : bien que les professionnels ont été impactés par les restrictions, les agriculteurs ne se sont pas vu interdire l’arrosage la nuit de sorte qu’il ont pu préserver leurs cultures.

1.2. Le début d’année 2023 est marqué par une situation de stress hydrique contrasté qui requiert une grande vigilance de toutes et tous.

Les mois de janvier à mars 2023 s’inscrivent dans la continuité des précipitations de l’année 2022 : l’absence de précipitations significatives ne permet pas une recharge suffisante de la ressource.

Si les cours d’eau et l’humidité des sols sont globalement soutenus à ce stade par les pluies, la recharge des masses d’eaux souterraines et les niveaux de barrages sont faibles. Certaines masses d’eau sont en effet en-dessous des minima jamais connus et les barrages présentent des niveaux de remplissages beaucoup plus bas qu’en temps normal : le réservoir de Naussac qui soutient l’Allier est rempli à 38 % de sa capacité et celui de Lavalette à 55 % de sa capacité.

Il est en effet constaté qu’en dépit des pluies qui ont pu avoir lieu ces derniers jours, les réserves profondes d’eau ne sont pas en mesure de recharger suffisamment dans la mesure où l’eau est actuellement prélevée par la végétation en croissance ou perdue par évapotranspiration.

9 communes sont déjà en situation de manque d’eau et ainsi contraintes de citerner, les premières ayant dû commencer dès début janvier 2023.

Face à ces constats, le préfet de Haute-Loire appelle chacun, particulier et professionnel, à être économe dans l’usage qu’il fait de l’eau et demande que les bons réflexes à avoir pour économiser l’eau soient communiqués et appliqués par tous les usagers.

2. Pour répondre à ces enjeux, le préfet agit concrètement et mobilise depuis plusieurs années tous les leviers afin d’accompagner la modernisation et l’équipement des acteurs publics et privés de Haute-Loire. Au total, l’Etat investit environ 10 millions d’euros par an dans des projets relatifs à l’eau dans le département.

2.1. La priorité absolue est celle de l’accès à l’eau potable des populations. Alors qu’en 2022 40 communes ont déclaré des ruptures ou des tensions dans l’accès à l’eau potable, pour près de 8 000 habitants concernés, l’Etat les a accompagnées grâce à des autorisations exceptionnelles de prélèvements (11) et l’appui au citernage (plus de 9000 m3 en 2022 soit trois fois plus que les 10 dernières années cumulées). C’est par exemple dans ce cadre que l’Agence régionale de santé a instruit 10 fois plus de demandes en 2022 qu’en 2021 et que 3 communes par an sont accompagnées dans la production de Plans de gestion de la sécurité sanitaire des eaux.

2.2. Afin de soutenir les acteurs agricoles, et notamment les éleveurs, l’Etat apporte aussi des solutions en faveur de l’abreuvement des cheptels. A titre d’exemple, les services de la direction départementale des territoires ont instruit 3 fois plus d’autorisations de forages en 2022 qu’en 2021 ou 2020.

2.3. L’Etat accompagne les collectivités territoriales dans la réparation des réseaux fuyards.
En plus de l’Agence de l’eau, l’Etat apporte des financements aux projets de collectivités par les dotations de l’État destinées aux territoires ruraux et dotation de soutien pour l’investissement public local. Les réseaux d’eaux potables sont financés par l’Etat : plus de 60 projets ont été financés par exemple depuis 2019 pour l’installation de réserves, la pose de compteurs, les interconnexions, etc. On observe une sensible augmentation des dossiers (multiplié par 2 chaque année depuis 2021) et de l’effort financier consenti par le Préfet qui a été multiplié par 11 entre 2020 et 2022 avec un taux de subvention moyen qui augmente également de 34 % à 47 %.

2.4. L’Etat aide à maintenir la qualité des eaux dont les collectivités ont la responsabilité.
L’Etat soutient en effet les études portées par les collectivités, mais encore les projets destinés à l’entretien des systèmes et réseaux de traitement ou de lutte contre les pollutions. A titre d’exemple, depuis 2019 ce sont près de 180 projets de lutte contre la pollution qui ont été financés et notamment la reconstruction de la station d’épuration intercommunale du Puy-en-Velay à Chadrac qui concerne 75 000 habitants pour un montant de plus de 11 000 000 euros de subventions. L’Etat accompagne également les projets de plus petites dimensions tels que ceux des communes des Estables ou de Saint-Georges-d’Aurac par exemple.

2.5. L’anticipation des risques et la gestion de la ressource à long terme amène l’Etat à accompagner les acteurs dans la constitution de réserves. Cela passe d’abord par l’accompagnement des 17 projets de retenues colinaires indentifiées en Haute-loire. Parmi celles-ci, 11 sont déjà réalisées et 2 devraient voir les travaux débuter prochainement. Enfin, les services de l’Etat accompagnent les acteurs pour les inciter à la récupération des eaux de pluies et de toitures.